Ecriture : le clavier automatique prend la main
Il est nécessaire au départ d'avoir les idées vides
Sans même des riens qui ne pèseraient pas
Une fière ignorance de toute importance
Un oubli blanc des attentes et des espoirs
Et aussi de laisser la main à un alter ego
Alors l'on avance sans vent qui vous porte
Se fait un chemin reconnu une fois serpenté
Par les circonvolutions d'un rêve calculé
Vers des contrées qui se meuvent elles mêmes
Des commencements d'une comptine timide
Aux aléas fatals des drames accablants
Et ma page vit à mesure qu'elle se crée
Les mains tendues on veut capter son regard
Car voilà alors quelqu'un qui sort de la forêt
Dont on peine encore à distinguer les traits
Mais dont les yeux voient tout à notre insu
Un nouvel enfant conçu avec l'alter ego
Et son âme refuse net d'être apprivoisée
Reste à s'accommoder de cette présence
Tout autant inconnue que convoitée
L'habille-t-on de jaune ou de magenta
L'affuble-t-on d'idées et de penchants
Qu'elle se rit de vous et s'envole au loin
Et revient narquoise et maitre de ses atours
Vient un enfant qui veut savoir la fin
Qui remue regimbe et se défend d'être
Cet agent des chapitres ainsi agencés
Il trouve l'histoire sans queue ni tête
Et vous le fait savoir à sa verte façon
Tout ça ne vaut pas mes vieux jouets !
PLB 7 Février 2011